L'activité physique : un atout pour la santé mentale des enfants

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La santé mentale des enfants constitue une préoccupation majeure dans notre société actuelle. Face aux pressions sociales, technologiques et scolaires, les enfants doivent surmonter de nombreux défis susceptibles de fragiliser leur bien-être psychologique. Parmi les solutions recommandées pour préserver une bonne santé mentale, l’activité physique figure parmi les options, mais elle demeure souvent sous-estimée alors qu’il s’agit pourtant d’une alliée de taille. Au-delà des bienfaits physiques, l’exercice régulier joue un rôle clé dans le développement émotionnel et psychologique des enfants.

Les bienfaits de l’activité physique sur le développement psychologique sont prouvés par la recherche scientifique. En effet, de nombreuses études ont démontré leurs effets positifs, à court et à long terme :

La réduction du stress et de l'anxiété

Face au stress, notre corps mobilise une grande quantité d'énergie pour faire face à la menace. Ce mécanisme de survie, qui perdure à travers le temps, reste actif même si les dangers ont changé. Qu’il y ait un danger réel ou non pour notre survie, notre cerveau nous envoie les mêmes signaux d’alerte pour nous prévenir du danger.  Peu importe la source du stress, qu’il s’agisse d’un examen ou d’une blessure, le cerveau réagit de la même façon. Dans ces deux situations, le corps active les mêmes mécanismes pour lui donner la force nécessaire pour faire face au danger. Ainsi, le sport et l’activité physique aident les enfants à libérer cette énergie et à réduire le niveau d’hormones de stress dans leur corps1.

L’amélioration de l'humeur et la prévention de la dépression

Faire de l’activité physique quotidiennement réduit les risques de dépression en agissant favorablement sur l’humeur. En effet, l’exercice aide le cerveau en activant des mécanismes qui favorisent la santé mentale des enfants. D’abord, le sport stimule la production de dopamine, qui est liée au plaisir et à la motivation. La dopamine nous pousse à répéter une action agréable2*. Ensuite, l’exercice augmente aussi la production de sérotonine, qui est un élément essentiel pour le développement du cerveau, surtout pendant l’enfance3*. La sérotonine joue un rôle important dans l’humeur, la gestion du stress, le sommeil et la santé mentale en général.

En résumé, 20 à 30 minutes d’activités physiques modérées par jour peuvent agir comme un antidépresseur naturel avec de nombreux bienfaits pour le corps et l’esprit4.

L’amélioration de l’estime de soi

L’activité physique joue un rôle important dans le développement de l’estime de soi chez les enfants. En pratiquant un sport ou une activité physique, ils ont l’occasion de mieux se connaître, de renforcer leur confiance et ainsi se sentir plus compétents. L’estime de soi repose sur trois éléments clés : la connaissance de soi, le sentiment d’appartenance et le sentiment de compétence. Le sport leur permet de vivre des expériences qui nourrissent ces trois aspects5. En se confrontant à des défis, en réussissant ou en apprenant de leurs échecs, ils découvrent leurs capacités et apprennent à se dépasser. Ainsi, l’activité physique devient un outil puissant pour aider les enfants à se sentir bien dans leur peau et à croire en leurs capacités.

Quelques stratégies pour encourager l'activité physique chez votre enfant

  • Intégrer l’activité physique dans la routine quotidienne

Il est plus facile de maintenir des habitudes lorsqu’elles sont planifiées. Il est donc recommandé de prévoir des moments spécifiques pour bouger. Intégrer des pauses actives, comme des exercices rapides pendant les devoirs ou le temps d’écran, aide à améliorer la concentration, gérer le stress et équilibrer les périodes sédentaires.

  • Encourager la variété des activités

Proposer à votre enfant une variété d'activités pour stimuler son intérêt. Un équilibre entre activités structurées, comme les sports et activités non structurées, comme jouer au parc, permet de diversifier les expériences. Les activités structurées offrent un cadre organisé et favorisent l'acquisition de compétences précises, tandis que les activités non structurées encouragent la créativité et la spontanéité.

  • Suivre les intérêts et les besoins de l’enfant

Chaque enfant peut trouver une activité qui lui permet de s’épanouir, qu’il s’agisse de sports collectifs ou individuels, d’activités compétitives ou récréatives. Il n’y a pas de méthode unique ou idéale pour atteindre cet objectif. Il est donc essentiel de suivre les intérêts de votre enfant et de respecter son rythme en tenant compte de sa personnalité et de ses préférences.

  •  Intégrer le volet social

Participer à des activités en groupe ou en équipe, que ce soit avec des amis ou en famille, ajoute une dimension sociale qui peut rendre l'activité physique plus agréable et motivante. L'interaction avec d'autres enfants lors de jeux collectifs ou de sports d'équipe peut également renforcer la motivation et le désir de rester actif.

  • Miser sur le plaisir et la simplicité

La pratique d’activités physiques n’a pas besoin d’être compliquée ni même d’être dispendieuse. Il existe de nombreuses façons simples et amusantes d’encourager votre enfant à bouger : opter pour la marche ou la bicyclette, danser dans le salon, jouer au parc, aller à la piscine, créer un album avec des photos prises lors de balades à l’extérieur, aménager un espace de jeux actifs à la maison ou créer des parcours pour pratiquer la motricité. Laisser parler votre créativité.

En intégrant le mouvement dans la vie quotidienne de votre enfant, vous lui offrez non seulement un moyen de rester actif, mais aussi un outil efficace pour renforcer son bien-être psychologique.

Encouragez-le à bouger, à explorer ses capacités et à découvrir le plaisir de l’activité physique sous toutes ses formes, car c'est en cultivant ces habitudes dès le plus jeune âge que vous l’aiderez à construire une base solide pour une vie saine et équilibrée.

Références *en anglais seulement

1. Lupien, S. (2020). Par amour du stress (2e éd.). Va Savoir.
2. Marques, A., Marconcin, P., Werneck, A. O., Ferrari, G., Gouveia, É. R., Kliegel, M., Peralta, M. et Ihle, A. (2021). Bidirectional association between physical activity and dopamine across adulthood—A systematic review. Brain sciences, 11(7), 829.
3. Saeed, N. B., Melhem, M. B. et Al-Ababneh, H. (2023). The impact of some types of physical activity on the level of releasing serotonin hormone (a comparative study). Educational and Psychological Sciences Series, 2(1), 119-134.
4. Geninet, I., Seidah, A. (2023). Les attaques de panique. Midi Trente.
5. Duclos, G. (2018). L’estime de soi, un passeport pour la vie (3e éd.). CHU Sainte-Justine.