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Quatre défis qui influencent le bien-être en milieu de travail

Rédigé par TELUS Santé | 15 janvier 2026

Partout dans le monde, le bien-être au travail reste soumis à une pression importante. Selon l'Indice de santé mentale TELUS pour le troisième trimestre de 2025, dans la plupart des 12 pays étudiés, au moins un travailleur sur trois est à risque élevé de souffrir de problèmes de santé mentale, et plusieurs d'entre eux affirment que leur santé mentale affecte directement leur productivité.

Les employés arrivent au travail avec un bagage émotionnel plus lourd que jamais. Les responsabilités liées aux proches aidants, les pressions financières et la fatigue persistante causée par des années d'incertitude influencent chaque rencontre, chaque projet, chaque décision. De plus, près de la moitié des travailleurs interrogés craignent que dévoiler un problème de santé mentale nuise à leur carrière.

C'est pourquoi le bien-être ne devrait pas être un point isolé à l'ordre du jour : c'est la base d'une productivité durable. Selon le rapport Santé mentale 2024 de Deloitte*, pour chaque livre sterling (environ 1,33 $US) investie dans les initiatives en matière de santé mentale et de bien-être au travail, les employeurs reçoivent près de 4,70 £ (environ 6,25 $US) en retour, grâce à l'amélioration de la productivité, à la réduction de l'absentéisme et à une meilleure rétention.

Les quatre défis suivants décrivent les principaux sujets de préoccupation des gestionnaires de personnes et des partenaires d'affaires RH, ainsi que les mesures à prendre pour transformer l'intention en impact mesurable.

Défi 1 : L'épuisement professionnel dans les équipes à haut rendement

La recherche de l'excellence peut être une arme à double tranchant. Pour de nombreuses équipes haut rendement, l'énergie qui alimente le succès conduit également à l'épuisement. Lorsque les résultats deviennent le seul critère de valeur, l'épuisement professionnel guette les équipes haut rendement.

Partout dans le monde, l'épuisement professionnel reste très répandu. L'Indice de santé mentale TELUS du troisième trimestre de 2025* a révélé que de nombreux travailleurs indiquent que le stress au travail contribue à des troubles du sommeil et que leur santé mentale nuit à leur rendement au travail.

Ces problèmes ne viennent pas des individus, mais des systèmes : connexion constante, objectifs irréalistes et systèmes de récompense qui confondent visibilité et impact.

Qu'est-ce qui contribue à l'épuisement professionnel au sein de votre organisation? 

Surveillez ces signes d'avertissement : 

  • Changements dans les tendances d’absences : Les congés de maladie de courte durée augmentent, en particulier les absences liées au stress. 
  • Activité accrue en dehors des heures normales : les courriels tardifs, le travail en fin de semaine et la disponibilité constante devient la norme. 
  • Changements dans les rétroactions : les résultats de sondage ou les rencontres individuelles font référence à la surcharge, aux limites floues et à la fatigue croissante.
  • Roulement de personnel accéléré : Les départs sont plus fréquents chez les membres de l'équipe très performants ou les nouveaux employés qui n'ont pas encore établi leurs repères.
  • Utilisation accrue des ressources de soutien : L'utilisation des programmes d'aide aux employés (PAE) ou des services de bien-être augmente, ce qui est souvent le premier signe d'une pression systémique.

La haute performance durable ne consiste pas à tirer le meilleur parti des gens. Les gestionnaires doivent créer des environnements où l'énergie peut être renouvelée.

Stratégies de bien-être pour aider à lutter contre l'épuisement professionnel 

Lorsque les organisations mettent en place des systèmes favorisant le repos aussi délibérément que des systèmes axés sur les résultats, le gain est mesurable.

  • Périodes de récupération : Périodes planifiées de ralentissement ou horaires rotatifs après des trimestres intenses, permettant aux gens de décompresser sans culpabilité. 
  • Respect des limites : les dirigeants programment l'envoi différé de leurs courriels, prennent des pauses et protègent du temps pour le travail de concentré. Le repos fait partie du rythme normal, pas une exception. 
  • Indicateurs basés sur les résultats : Le succès est défini par l'impact et la qualité, et non par le volume ou les heures. 
  • Responsabilité partagée : Les équipes intègrent collectivement le repos comme faisant partie de la résilience.

Les stratégies de récupération durables ont quelques points communs : elles sont structurelles, visibles et adoptées par la direction.

Défi 2 : Mesurer le RSI du bien-être est aujourd'hui essentiel

Les données de participation nous indiquent qui a participé. Les données d'impact nous indiquent ce qui a changé. De nombreuses organisations mesurent encore leur réussite en comptabilisant les clics, les présences ou les inscriptions aux programmes, sans relier ces activités à des résultats mesurables. Mesurer le RSI du bien-être est aujourd'hui essentiel pour les organisations performantes.

Qu'est-ce qui pose problème dans votre organisation?

Surveillez les signes suivants : 

  • Les rapports restent superficiels : les tableaux de bord RH affichent les inscriptions, les clics et l'utilisation des outils, mais pas l'impact sur l'entreprise. 
  • Les questions de la direction s'intensifient : Les cadres supérieurs demandent de plus en plus : « Quel est le retour sur investissement? » sans réponses claires. 
  • Le bien-être semble isolé : les interventions semblent déconnectées des indicateurs de rendement clés de l'entreprise, comme la rétention, la productivité ou l'engagement.

La plupart des données se limitent à l'activité (présence, clics ou téléchargements) plutôt qu'à des résultats tels que la rétention, la productivité ou l'engagement. Il en résulte un manque de crédibilité : le bien-être est perçu comme un centre de coûts à justifier, et non comme un moteur de performance.

Mesurer ce qui compte 

Pour prouver l'impact, les organisations doivent relier les mesures de bien-êtreaux indicateurs clés de rendement. Les gestionnaires de personnes peuvent commencer par établir une base de référence, puis suivre les changements au fil du temps. Votre organisation dispose probablement des données dont elle a besoin, il suffit de savoir où chercher. Les mesures les plus efficaces sont souvent les suivantes :

  • Taux de roulement et de rétention, en particulier chez les employés les plus performants. 
  • Jours d'absentéisme et de présentéisme par employé. 
  • Indicateurs de productivité tels que le chiffre de ventes par heure ou la vitesse d'exécution des projets. 
  • Utilisation des soins de santé ou des avantages sociaux, en identifiant les tendances dans les demandes de remboursement liées à la santé physique et mentale. 
  • Score de recommandation des employés (eNPS) ou taux d'engagement des employés. 
  • Scores de confiance des gestionnaires en ce qui concerne le soutien au bien-être.

La plupart des équipes RH disposent déjà d'une mine d'informations, telles que des données du système d'information sur les ressources humaines, des sondages éclair et des rapports de participation. Ce qui manque, ce sont les bases pour mesurer le RSI du bien-être : des mesures de référence initiales, des données sur le coût de l'absence et une segmentation par service ou par groupe démographique. Sans cela, les données restent trop générales pour conduire au changement.

L'autre élément manquant est le contexte humain : des récits et des témoignages qui montrent comment les efforts de bien-être ont changé des vies ou des équipes. Les données ouvrent la porte; les récits font que les gens la franchissent. Ensemble, ils créent un lien quantifiable entre le bien-être et le rendement.

Défi 3 : Instaurer une culture du bien-être au travail 

La force des politiques dépend de la culture qui les entoure. De nombreuses organisations sont fières d'offrir des horaires de travail flexibles, des journées de bien-être et du soutien en santé mentale. Mais dans la pratique, les comportements qui définissent le succès n'ont pas changé. Les dirigeants font toujours l'éloge des longues heures de travail et de la disponibilité en fin de soirée. Les employés hésitent à utiliser les politiques conçues pour les aider. La culture du bien-être au travail n'est pas définie par ce qui est écrit dans les manuels, mais par ce qui est récompensé, reconnu et répété.

Qu'est-ce qui est à l'origine de cette déconnexion au sein de votre organisation?

Surveillez les signes suivants : 

  • Messages contradictoires de la direction : les dirigeants disent « prenez congé » tout en envoyant des courriels à 23 h. 
  • La pression tacite persiste : les équipes travaillent pendant les vacances parce que « nous ne voulons pas laisser tomber l'équipe ». 
  • La reconnaissance est mal orientée : les systèmes privilégient la disponibilité plutôt que l'impact.
  • Politiques inutilisées : les employés sont réticents à adopter des politiques de travail flexible ou de bien-être par crainte des répercussions sur leur carrière.

Ces signaux contradictoires diluent même la meilleure stratégie. La culture se forme autour de ce qui est récompensé, et non de ce qui est écrit.

De petits changements qui peuvent faire une grande différence

La culture change rarement grâce à de grandes initiatives. Elle évolue grâce à des petits signaux cohérents qui sont renforcés par les choix quotidiens des dirigeants. Par exemple, vous pourriez envisager de mettre en œuvre l'un des changements suivants :

  • Intégrez le bien-être à l'ordre du jour des rencontres de direction. 
  • Orientez les discussions de performance vers les résultats plutôt que les heures travaillées.
  • Encouragez les dirigeants à partager leurs propres pratiques de bien-être.
  • Créez de petits moments de bien-être en favorisant les réunions en marchant, les pauses de réflexion et les plages horaires sans réunion.

De petits signaux, répétés régulièrement, peuvent aider à transformer la culture du bien-être au travail plus rapidement que n'importe quelle campagne. Lorsque le bien-être fait partie intégrante du fonctionnement de l'organisation*,et non une option, vous constatez une confiance renforcée, un engagement accru, une baisse de l'épuisement professionnel et une productivité durable.

Défi 4 : Le manque de préparation des gestionnaires

Les gestionnaires influencent l'expérience quotidienne plus que n'importe quelle politique. Pourtant, bon nombre d'entre eux affirment qu'ils ne savent pas quoi faire si un employé éprouve des difficultés et disent n'avoir reçu aucune formation sur leur rôle en matière de santé mentale. Étant donné la prévalence de l'anxiété, de la dépression et du stress chez les travailleurs, la proportion de gestionnaires qui sont outillés pour soutenir les travailleurs aux prises avec un problème de santé mentale devrait être beaucoup plus élevée. 

Les politiques et les programmes peuvent établir les orientations, mais sans que les gestionnaires aient les capacités pour soutenir le bien-être, ils restent souvent lettre morte. Les conversations sont évitées, les signes avant-coureurs passent inaperçus et les employés se désengagent. Renforcer la confiance ne consiste pas à transformer les gestionnaires en conseillers, mais à leur donner les outils, la formation et la clarté nécessaires pour remarquer rapidement, bien écouter et savoir quand orienter les gens vers un soutien professionnel.

Qu'est-ce qui explique ce manque de préparation dans votre organisation?

Surveillez les signes suivants :

  • Les conversations difficiles sont évitées : Les gestionnaires évitent les discussions sur la santé mentale, même lorsque les préoccupations sont évidentes. 
  • Les signes avant-coureurs ne sont pas détectés : Les signes de détresse passent inaperçus ou sont interprétés à tort comme des problèmes de rendement. 
  • L'empathie passe au second plan : Les gestionnaires privilégient la rétroaction sur le rendement plutôt qu'un dialogue bienveillant. 
  • Les problèmes s'aggravent en silence : Les employés ne partagent pas leurs préoccupations dès le départ, par crainte du jugement ou de l'inaction.

La confiance grandit grâce à la pratique et au renforcement, et non par des courriels.

Les approches les plus efficaces sont les suivantes :

  • Mises en situation réalistes : Des espaces sécuritaires pour pratiquer des conversations difficiles. 
  • Guide de référence rapide : Ce qu'il faut dire, ce qu'il faut éviter, quand faire appel à la hiérarchie. 
  • Mentorat entre pairs : Apprentissage auprès de dirigeants empathiques qui ont vécu des situations semblables. 
  • Processus d'orientation clairs : Accès direct aux RH, aux équipes cliniques et aux PAE.
  • Systèmes de reconnaissance qui valorisent les qualités humaines : Célébrer les qualités humaines du gestionnaire, et pas seulement les résultats

Le bien-être au travail n'est pas seulement un impératif moral, c'est aussi un avantage stratégique. Qu'il s'agisse d'aborder l'épuisement professionnel au sein d'équipes très performantes, de mesurer le retour sur investissement du bien-être, de créer une culture durable de bien-être au travail ou d'outiller les gestionnaires pour soutenir le bien-être, ces quatre défis exigent à la fois un engagement et des actions concrètes.

Les organisations qui prospéreront ne seront pas celles qui auront le plus de politiques. Ce sont celles où le bien-être fait partie intégrante de la façon de travailler : où le repos est structurel, l'impact est mesurable, la culture est authentique et les gestionnaires sont bien outillés.

*Article uniquement en anglais